Le scolyte n’a pas besoin d’un titre de une. Il a besoin de sécheresse, de hêtres affaiblis, d’épicéas déjà atteints plus haut. Les Vosges cumulent. Les forestiers le racontent sans théâtre : des parcelles qu’on coupe plus tôt, des bois qu’on vend mal, des paysages qui brunissent en juillet sans que le touriste y voie autre chose qu’un été chaud.

Pour une commune forestière, la hêtraie n’est pas un décor. C’est une recette, une identité, parfois un emploi. Quand le bois part en urgence, le prix s’écroule. On liquide un patrimoine pour éviter qu’il ne pourrisse. C’est une politique, contrainte.

« On ne sauve pas une forêt en la photographiant. On la sauve en acceptant de la couper autrement. »

Le marché, ce révélateur cruel

Trop de grumes en même temps, pas assez de scieries proches, un transport qui coûte. L’écologie rencontre la logistique. Les scieurs, eux, ne peuvent pas absorber trois années de crise en une saison. D’où les stocks, les prix bas, la colère tranquille des maires.

L’ONF et les experts parlent de changement d’essences, de mélange, de résilience. C’est juste, et long. Les conseils municipaux, eux, votent des budgets dans l’année.

Une crise sans images

C’est pour cela qu’elle avance. Comprendre cette actualité, c’est regarder ce qui ne flambe pas. Une forêt qui meurt debout ne fait pas un fil d’alerte. Elle fait, demain, des versants plus pauvres, et des communes moins armées pour le reste.