Un championnat de France n’est pas un Tour. C’est plus court, plus technique, plus local. Angers l’a voulu pour cela : une vitrine, pas un mois de circulation impossible. Reste que, pour une ville, trois jours de course, c’est trois mois de préparation, et une addition que l’office de tourisme aime montrer en nuitées tandis que la voirie la montre en heures supplémentaires.
Les commerçants du centre sont partagés, classiquement. Ceux des axes fermés râlent. Ceux des rues de repli encaissent. Le sport, comme la culture, redistribue plus qu’il ne crée.
« On ne juge pas une course à l’arrivée. On la juge au lundi matin, quand les barrières sont parties. »
Ce que la ville achète
Une image de ville cyclable, d’abord — Angers y travaille déjà, parfois contre une partie de ses automobilistes. Un argument touristique, ensuite, vers la Loire à vélo. Un test logistique, enfin, pour d’autres événements.
Les élus parlent de « rayonnement ». Les agents parlent de planning. Les deux langages devraient cohabiter dans le même communiqué. Ils ne le font presque jamais.
Après la ligne
Le champion sera oublié hors du milieu. La déviation, non, si elle a été mal expliquée. Comprendre cet événement, ce n’est pas célébrer le cyclisme français. C’est lire une métropole de l’Ouest qui utilise le sport comme les autres utilisent un salon : pour exister un week-end, et pour justifier un budget le lundi.