L’alerte a été donnée par l’épouse, vers 21 heures. Le randonneur, habituel du massif, avait prévu de rentrer avant la nuit. Il n’a pas répondu au téléphone. Le peloton de gendarmerie de haute montagne, les pompiers, des bénévoles du coin ont quadrillé les crêtes. Le brouillard bas, fréquent en août sur le versant, a ralenti les choses.
Il a été retrouvé vers 4 heures, assis, sans blessure grave, désorienté par l’obscurité. Pas de thriller. Un homme qui a quitté le balisage pour « couper ». Le classique, hélas statistique, des sauvetages d’été.
« La montagne n’a pas besoin d’être haute pour devenir une nuit. »
Ce que l’on tire, sans leçon de morale
Les Albères attirent parce qu’elles semblent accessibles. Moins d’altitude que les Pyrénées centrales, plus de chaleur, plus de randonneurs du jour. L’accessibilité est un piège relatif : on part trop tard, on emporte trop peu d’eau, on croit connaître.
Les sauveteurs ne demandent pas qu’on cesse de marcher. Ils demandent qu’on annonce un horaire, et qu’on le tienne. C’est peu. C’est déjà trop pour certains après-midi d’août.
Écrire le banal
Un fait divers n’a pas à être extraordinaire pour mériter une place. Il a à être exact. L’homme va bien. Les équipes ont travaillé la nuit. Le massif, lui, n’a rien d’hostile : il a seulement cessé d’être un décor. C’est assez pour le raconter.