Le tableau des gardes, affiché en vitrine, est devenu un document politique. Trop de communes, trop peu d’officines ouvertes le dimanche, des secteurs qui s’agrandissent à chaque départ à la retraite. Les pharmaciens restants tiennent, puis cèdent, puis ferment le samedi après-midi « pour tenir la semaine ».

La Dordogne n’est pas un cas isolé. Elle est lisible. Le tourisme d’été charge les officines du Périgord noir, pendant que les plateaux, eux, se vident. Le maillage d’hiver n’est plus le maillage d’août, et personne n’a deux réseaux.

« On a défendu l’hôpital de proximité. On a oublié que la première porte, souvent, c’est une croix verte. »

Ce que la garde recouvre

Un antibiotique, un traitement de douleur, un renouvellement oublié, un test. Rien de spectaculaire. Tout ce qui, mal fait, finit aux urgences — ou n’y va pas, ce qui est pire. Les médecins restants le disent : sans pharmacie de garde crédible, leur propre astreinte devient absurde.

Les syndicats demandent une revalorisation, des aides à l’installation, un partage plus strict des secteurs. L’État répond par des expérimentations. Le patient, lui, répond par le réservoir de voiture.

Un silence qui coûte

Il n’y a pas de crise médiatique. Il y a des kilomètres. Comprendre cette actualité sanitaire, c’est regarder un service public sans le nom, tenu par des commerçants de santé, et qui se fissure à l’endroit le plus banal : le dimanche soir, quand tout le monde croit que « quelqu’un d’autre » est ouvert.