L’incendie s’est déclaré peu après minuit, dans une zone d’entrepôts à l’ouest de Rouen. Les pompiers ont maîtrisé le feu en fin de matinée. Un employé de sécurité a été légèrement intoxiqué. Aucune victime grave. Ces faits-là, d’abord, parce qu’un fait divers commence par ce qu’il n’est pas : ni un attentat, ni une « explosion mystérieuse », malgré ce que des comptes ont écrit avant l’aube.

La piste électrique est privilégiée. Non parce qu’elle arrange, mais parce que les premières constatations — tableau, câblage, traces — y conduisent. L’enquête dira si c’est une cause ou un effet. D’ici là, la prudence n’est pas de la tiédeur. C’est le métier.

« Un entrepôt qui brûle n’est pas une métaphore. C’est un sinistre, et les sinistres ont des causes prosaïques. »

Ce que l’on sait, ce que l’on ne sait pas

L’entrepôt appartenait à un logisticien régional. Produits divers, pas de matières classées Seveso sur ce site, selon la préfecture. Des riverains ont été confinés puis relâchés. L’air, mesuré, n’a pas montré de pic inhabituel au-delà du panache. Cela n’interdit pas l’inquiétude. Cela interdit le roman.

Les salariés, eux, demandent si le site rouvrira, et quand sera versé le chômage partiel. Le fait divers, très vite, redevient social.

Pourquoi écrire cela

Parce que l’actualité n’est pas seulement faite de leçons. Elle est faite d’événements qu’il faut borner. Comprendre, ici, c’est refuser d’en faire plus que ce que les pompiers et les enquêteurs tiennent. Le reste attendra le rapport.